Stop the Government's
Censorship
The Home Office has begun a process to make it illegal to possess extreme adult images.
These plans could lead to people being imprisoned for viewing images on the internet.
This is a step too far from a government determined to regulate every aspect of our lives and quash individual expression.
backlash needs cash ! Please help by donating
Backlash is the campaigning organisation bringing together individuals and activist groups to oppose this legislation.
En Grande-Bretagne, un débat parlementaire prévu pour le mois de mars 2006 devrait apporter des éclaircissements.
Eclaircissements ou nuages sur la liberté d'expression et la vie privée ? Le but du Home Office (Ministère de l'Intérieur) est de rendre illégale la possession de matériel pornographique extrême, une mesure qui viendrait renforcer l'Obscene Publication Act de 1959, par lequel il est déjà illégal de produire et revendre de la pornographie extrême. Cette attaque de la censure se place dans la lignée d'initiatives américaines développées en 2005.
La Grande-Bretagne est une terre de contrastes. Jusqu'en 1990 dans les écoles publiques et même 1998 dans les écoles privées, le châtiment corporel, administré à l'aide d'une canne ou d'un tawse était légal et engendrait de véritables mauvais traitements sur mineurs. D'un autre côté, en 1990, seize homosexuels ont été poursuivis et condamnés à des peines allant jusqu'à quatre ans et demi de prison pour coups et blessures volontaires dans le cadre de pratiques SM consentantes (voir le Spanner Trust pour plus d'informations). Fin 2002, Fist, un club cuir gay très connu, a été fermé suite à une descente de policiers en civil. Dans ces deux cas, les personnes incriminées avaient largement dépassé la majorité sexuelle.
Aujourd'hui, la volonté du gouvernement britannique est d'aligner la législation sur les films ou images extrêmes adultes sur les lois contre la pornographie pédophile. Sont particulièrement visés la zoophilie, ou "toute scène représentant des actes illégaux comme les coups et blessures volontaires." Si la loi venait à passer, elle menacerait aussi bien les fanatiques de modifications corporelles, les amateurs de fessées bien rosées, les amoureux de jeux de rôles où la violence est mise en scène de manière consensuelle. Outre la pornographie commerciale, seraient visés les enregistrements privés.
La communauté SM britannique s'est aussitôt organisée pour riposter. Le groupe Backlash, mené de main d'acier par Mistress Demolition Red, a tout d'abord incité les citoyens à envoyer leurs commentaires aux députés lors de la consultation organisée en décembre 2005. Il se charge également de mener un lobbying politique actif auprès des députés et Lords. A noter : Backlash organise le 4 mars un Whiparound concert (Conway Hall Main Hall, Red Lion Square, Londres WC1, 20h-22h30) pour recueillir des dons qui lui permettent de poursuivre son action.
A ce jour, aucun pays occidental n'a adopté de législation aussi restrictive. Cependant, aux Etats-Unis, la croisade pour l'ordre moral orchestré par George Bush Junior et ses sbires a débouché sur une nouvelle législation très contraignante pour les propriétaires de sites Internet pornographiques, ainsi que la création en septembre 2005 d'une unité anti-porno au sein du FBI. Le pire est à craindre, puisque le premier travail de ce département a été de s'attaquer à des sites comme Red Rose Stories, qui publiait non pas des photos mais des textes de fiction. A ce compte-là , reproduire un classique comme Histoire d'O peut valoir la saisie de son matériel informatique, voire de la prison.
Et en France ? La législation sur la pornographie est soumise à l'article 227-24 du Code Pénal, qui stipule : "le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (375 000 euros pour les personnes morales) lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur." Pas de censure tant que les images ou textes ne touchent pas les mineurs. Il faut cependant se souvenir qu'en 2002 la députée ultra-réactionnaire et homophobe Christine Boutin avait déposé une proposition de loi visant à interdire la diffusion de la pornographie à la télévision (NdlR : il est vrai que la qualité fait défaut). La censure française n'en est pas moins active, comme l'ont prouvé le classement du film Baise-Moi de Virginie Despentes.
La question n'est pas de juger ce qui est extrême ou ne l'est pas. La question est de bien faire la différence entre la pornographie qui exploite, souvent la plus commerciale, disponible chez le kiosquier du coin de la rue, et des projets plus intelligents où les acteurs sont traités avec humanité (et préservatifs). Il y a bien une question sur les conditions de production de la pornographie, de la plus soft à la plus extrême, c'est celle du consentement éclairé (et non pas dicté par une situation économique). Quant à la possession, elle regarde le placard de tout un chacun.
© Sarah de Haro 2006